Le Blog Paresse.info

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mardi 4 août 2009

ALEXANDRE LE BIENHEUREUX

Comédie de 1967, film d'Yves Robert

L'histoire : A la mort de sa femme, qui le faisait bosser comme un âne à la ferme, Alexandre décide de rester continuellement au lit, à ne rien faire, afin de rattraper le temps perdu. Ses voisins et amis, décontenancés, vont essayer de lui faire entendre raison, de lui faire quitter la chambre...en vain !

Alexandre le bienheureux

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dimanche 2 août 2009

JEAN-LOUIS BORY : GOURMANDISE, PARESSE, LUXURE

«Gourmandise, paresse, luxure : ce sont les trois vertus cardinales, les vertus de la Fête.»

Jean-Louis Bory
Le Paradis sur terre.

mardi 9 juin 2009

P. DAC : SIMPLE CONSEIL

«Pourquoi essayer de faire semblant d'avoir l'air de travailler ? ? C'est de la fatigue inutile !»

Pierre Dac
Extrait de L'Os à Moelle N° 38 du 29 janvier 1939

jeudi 27 novembre 2008

L. TOLSTOÏ : L'HOMME DÉCHU A CONSERVÉ LE GOUT DE L'OISIVETÉ

«La tradition biblique prétend que la félicité du premier homme avant sa chute consistait en l’absence de travail ; c’est à dire dans l’oisiveté. L’homme déchu a conservé le goût de l’oisiveté, mais la malédiction divine pèse toujours sur lui, non seulement parce qu’il doit gagner son pain à la sueur de son front, mais parce que sa nature morale lui interdit de se complaire dans l’inaction. Une voix secrète nous dit que nous serions coupables en nous abandonnant à la paresse. Si l’homme pouvait rencontrer un état où, tout en restant oisif, il sentait qu’il était utile et accomplissait son devoir, il trouverait dans cet état l’une des conditions du bonheur primitif. Or toute une classe sociale, celle des militaires, jouit précisément de cet état d’oisiveté imposée et non blâmable. Cette inaction forcée, légale, a toujours fait et fera toujours le principal attrait du service des armes.»

Léon Tolstoï
Extrait de La guerre et la Paix

mardi 4 juillet 2006

E CIORAN : LE TRAVAIL : UNE MALÉDICTION...

«Le travail : une malédiction que l'homme a transformée en volupté.»

Emil Michel Cioran
Extrait de Sur les cimes du désespoir

lundi 3 juillet 2006

J. PREVERT : IL FAUT PASSER LE TEMPS

« On croit que c'est facile
de ne rien faire du tout
au fond c'est difficile
c'est difficile comme tout
il faut passer le temps
c'est tout un travail
il faut passer le temps
c'est un travail de titan

Ah!
du matin au soir
je ne faisais rien
rien
ah! quelle drôle de chose
du matin au soir
du soir au matin
je faisais la même chose
rien !
je ne faisais rien
j'avais les moyens

j'aurais pu tout avoir
ouiah ! quelle triste histoire

ce que j'aurais voulu
si je l'avais voulu
je l'aurais eu
mais je n'avais envie de rien
rien

Un jour pourtant je vis un chien
ce chien qui me plut je l'eus
c'était un grand chien
un chien de berger
mais la pauvre bête
comme elle s'ennuyait
s'ennuyait
s'ennuyait d'son maître
un vieil Ecossais
j'ai acheté son maître
j'avais les moyens
ah !
quel drôle d'écho
oh !
quel drôle d'Ecossais c'était
que le berger de mon chien
toute la journée il pleurait
tout la nuit il sanglotait
ah !
c'était tout à fait insensé
l'Ecossais dépérissait
il ne voulait rien entendre
il parlait même de se pendre
J'aime mieux mes moutons
chantait-il en écossais
et le chien aboyait
en l'entendant chanter
j'avais les moyens
j'achetai les moutons
je les mis dans mon salon
alors ils broutèrent mes tapis
et puis ils crevèrent d'ennui
et dans la tombe
l'Ecossais les suivit
ah !
et le chien aussi

C'est alors que je partis en croisière

Pour me calmer mes-petits-nerfs. »

Jacques Prevert
"Histoires 1963"

dimanche 2 juillet 2006

G. MOUSTAKI : LE DROIT À LA PARESSE...

« Je voudrais rendre grâce a celui qui peut-être
A été mon premier et mon unique maître
Un philosophe mort voici quelques décades
Mort de son propre choix ni trop vieux ni malade

Il n'était pas de ceux qui entre dans l'histoire
Nous sommes peu nombreux à servir sa mémoire
Il ne se posait pas en saint ou en prophète
Mais cherchait avant nous le bonheur et la fête

Il rêvait d'une vie que l'on prend par la taille
Sans avoir à la gagner comme une bataille
Nous disait que la terre était pleine de fruits
Et de pain et d'amour et que c'était gratuit

Il parlait de ne plus jamais plier l'échine
Ni de se prosterner devant une machine
Il souhaitait pour les générations futures
De ne souffrir jamais d'aucune courbature

Sans vouloir enseigner sa parole était claire
En cela peut-être elle est révolutionnaire
Je voudrais rendre grâce à ce maître en sagesse
Qui ne nous arrivait ni d'Orient ni de Grèce

Je voudrais rendre grâce à ce maître en sagesse
Qui ne demandait que le droit à la paresse »

Georges Moustaki (1974)

samedi 1 juillet 2006

E. CIORAN : LES HOMMES TRAVAILLENT GÉNÉRALEMENT TROP...

« Les hommes travaillent généralement trop pour pouvoir encore rester eux-mêmes. Le travail : une malédiction que l'homme a transformée en volupté. Oeuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d'un effort qui ne mène qu'à des accomplissements sans valeur, estimer qu'on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible. Le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel. Le centre d'intérêt de l'individu se déplace de son milieu subjectif vers une fade objectivité ; l'homme se désintéresse alors de son propre destin, de son évolution intérieure, pour s'attacher à n'importe quoi : l'œuvre véritable, qui devrait être une activité de permanente transfiguration, est devenue un moyen d'extériorisation qui lui fait quitter l'intime de son être. Il est significatif que le travail en soit venu à désigner une activité purement extérieure : aussi l'homme ne s'y réalise-t-il pas — il réalise. »

Emil Cioran
"Sur les cimes du désespoir"

vendredi 30 juin 2006

G. DARIEN : LES PAUVRES CROIENT...

« Les pauvres croient ... que le travail ennoblit, libère. La noblesse d'un mineur au fond de son puits, d'un mitron dans la boulangerie ou d'un terrassier dans une tranchée, les frappe d'admiration, les séduit. On leur a tant répété que l'outil est sacré qu'on a fini par les en convaincre. Le plus beau geste de l'homme est celui qui soulève un fardeau, agite un instrument, pensent-ils. "Moi, je travaille", déclarent-ils, avec une fierté douloureuse et lamentable. La qualité de bête de somme semble, à leurs yeux, rapprocher de l'idéal humain. Il ne faudrait pas aller leur dire que le travail n'ennoblit pas et ne libère point ; que l'être qui s'étiquette Travailleur restreint, par ce fait même, ses facultés et ses aspirations d'homme ; que, pour punir les voleurs et autres malfaiteurs et les forcer à rentrer en eux-mêmes, on les condamne au travail, on fait d'eux des ouvriers. Ils refuseraient de vous croire. Il y a, surtout, une conviction qui leur est chère, c'est que le travail, tel qu'il existe, est absolument nécessaire. On n'imagine pas une pareille sottise. La plus grande partie du labeur actuel est complètement inutile. Par suite de l'absence totale de solidarité dans les relations humaines, par suite de l'application générale de la doctrine imbécile qui prétend que la concurrence est féconde, les nouveaux moyens d'action que des découvertes quotidiennes placent au service de l'humanité sont dédaignés, oubliés. La concurrence est stérile, restreint l'esprit d'initiative au lieu de le développer. »

Georges Darien
"La Belle France"

jeudi 29 juin 2006

Anonyme : SI LE CHÔMEUR EST MALHEUREUX

« Si le chômeur est malheureux, ce n'est pas parce qu'il n'a pas de travail, mais parce qu'il n'a pas d'argent. Ne disons donc plus demandeur d'emploi mais "demandeur d'argent" ; plus "recherche active d'emploi", mais : "recherche active d'argent". »

Chômeurs heureux de Berlin : Rapport d'inactivité n°1, 1996.

mercredi 28 juin 2006

F. NIETZSCHE : DANS LA GLORIFICATION DU TRAVAIL...

« Dans la glorification du "travail", dans les infatigables discours sur la "bénédiction du travail", je vois la même arrière-pensée que dans les louanges des actes impersonnels et conformes à l'intérêt général : la crainte de tout ce qui est individuel. On se rend maintenant très bien compte, à l'aspect du travail — c'est-à-dire de ce dur labeur du matin au soir — que c'est là la meilleure police, qu'elle tient chacun en bride et qu'elle s'entend vigoureusement à entraver le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. Car le travail use la force nerveuse dans des proportions extraordinaires, et la soustrait à la réflexion, à la méditation, aux rêves, aux soucis, à l'amour et à la haine, il place toujours devant les yeux un but minime et accorde des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société, où l'on travaille sans cesse durement, jouira d'une plus grande sécurité : et c'est la sécurité que l'on adore maintenant comme divinité suprême. »

Friedrich NIETZSCHE
"Aurore"

mardi 27 juin 2006

K. MARX : DÈS QU'IL N'EXISTE PAS DE CONTRAINTE...

« Dès qu'il n'existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fui comme la peste. »

Karl Marx
"Manuscrit de 1844"

lundi 26 juin 2006

Anonyme : LE TRAVAIL REND LIBRE...

« "Le travail rend libre" disait-on. Eh bien non !
On reconnaît le niveau de liberté d'un individu non à sa capacité à travailler servilement, afin de consommer servilement, mais à son degré d'épanouissement dans les activités et les loisirs qu'il aura définis librement et en toute conscience.
Laissons tomber le partage du travail,
et vive le partage des bons moments !
Pour une révolution ludique et choisie ! »

GIGN (Groupe d'Intervention Gaillardement Nuisible), Bordeaux, février 1998

dimanche 25 juin 2006

Anonyme : CHÔMEURS, SALARIÉS...

« Chômeurs, salariés, feignants, chenapans
même combat »

Slogan de la manifestation du 27 janvier 1998 à Paris.

samedi 24 juin 2006

B. VIAN : LE TRAVAIL EST PROBABLEMENT...

« Le travail est probablement ce qu'il y a sur cette terre de plus bas et de plus ignoble. Il n'est pas possible de regarder un travailleur sans maudire ce qui a fait que cet homme travaille, alors qu'il pourrait nager, dormir dans l'herbe ou simplement lire ou faire l'amour avec sa femme. »

Boris Vian